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Une figure de la communauté sikh de Seine-Saint-Denis et trois membres de sa famille ont comparu mardi devant le tribunal de Bobigny, accusés d’avoir logé une centaine de personnes, parmi lesquelles beaucoup d’Indiens sans-papiers, dans des appartements indignes.
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Longue barbe grise, turban sur la tête, cet homme élégant de 64 ans, à la tête de plusieurs sociétés, s’est défendu à la barre "d’avoir fait du mal à qui que ce soit, dans a communauté ou ailleurs".
"Ca fait 39 ans que je suis en France, au moins 10.000 personnes me connaissent", "les maires de Drancy et Bobigny me connaissent", a plaidé en hindi celui qui s’était fait connaître en finançant la création d’un lycée sikh à Bobigny, en 2007, après que son fils a été exclu d’un lycée public de la ville car il refusait d’enlever son turban.
Il lui est reproché, ainsi qu’à son épouse, d’avoir logé pendant des années des dizaines de personnes en situation irrégulière dans un immeuble insalubre du Bourget, où même le local poubelle et le parking avait été aménagés en logements. L’un, d’une superficie de 14 mètres carrés, accueillait ainsi trois personnes.
L’homme est également accusé d’avoir divisé, sans autorisation, deux pavillons de Bobigny et de Drancy en appartements parfois sans fenêtre, un phénomène qui touche massivement le département le plus pauvre de France.
Selon les calculs des enquêteurs, les loyers lui rapportaient au moins 200.000 euros par an. Le sexagénaire est également accusé de blanchiment.
A ses côtés comparaissaient un de ses fils et sa belle-fille, accusés notamment d’avoir loué un garage transformé en habitation dans un de leurs deux pavillons.
Âgé de 34 ans et né en France, ce dernier a reconnu des "erreurs". "J’ai connu la misère, je n’aime pas voir les gens dans la misère. D’ailleurs, quand les locataires ne paient pas leur loyer je ne leur cours pas après", s’est-il défendu.
Les deux épouses ont quant à elles expliqué ne pas avoir été au courant des affaires deleurs conjoints, expliquant cela par "la tradition".
En Seine-Saint-Denis, plus de 28.000 logements sont "potentiellement indignes", soit 7,5% du parc privé, selon l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France.
En 2018, sur 400 signalements reçus à Bobigny, 14 dossiers ont fini devant un juge. Début janvier, un ancien médecin a ainsi été condamné à trois ans de prison avec sursis et à une amende de 150.000 euros pour avoir logé une quarantaine de familles dans sa clinique.
Le procès doit se terminer mercredi.


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