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Il y a trop de communes où il ne se passe rien contre le logement indigne : le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées a entamé mercredi ses travaux à Marseille, 4 mois après l’effondrement mortel de la rue d’Aubagne.
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"C’est à Marseille que le zoom s’est porté sur le logement insalubre, qui tue en s’effondrant, et tue par la maladie", a déclaré lors d’un point presse Marie-Arlette Carlotti, présidente de ce Haut comité et par ailleurs conseillère municipale PS à Marseille.
Pour régler le problème de l’habitat indigne "il y a trop de communes où il ne se passe rien, dans lesquelles les moyens ne sont pas utilisés", a de son côté déploré Christophe Robert, lui aussi membre du comité et délégué général de la Fondation Abbé Pierre. 450.000 à 650.000 logements sont concernés selon lui en France, soit "un million de personnes touchées par le fléau".
"Si on met la volonté politique, on est capable de mettre fin au mal-logement", a-t-il poursuivi, en estimant que, depuis l’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne, qui avait fait huit morts le 5 novembre et provoqué l’évacuation de 250 immeubles de la cité phocéenne, "la réponse n’avait pas été à la hauteur d l’enjeu, de l’urgence sociale".
"Il faut des mesures extraordinaires" de la part de l’Etat, de la Ville et de la métropole", a-t-il poursuivi en évoquant la possibilité d’un moratoire sur les expulsions à la fin de la trêve hivernale, le 31 décembre.
Pour Christian Nicol, également membre du Haut comité, qui doit remettre au gouvernement un rapport sur l’habitat insalubre en France à l’automne, "la boîte à outils est suffisante pour traiter le problème" dans la cité phocéenne.
Or après le drame, "la ville s’estdéfaussée sur les associations", a affirmé celui qui avait rédigé dès 2015 un rapport alarmiste sur l’habitat insalubre à Marseille, regrettant que les logements sociaux soient construits en nombre insuffisant car "la loi SRU n’est pas appliquée".
Selon M. Nicol "tous les moyens n’ont pas été utilisés pour reloger les 700 ménages" évacués de leur logement.
Kaouther Ben Mohamed, membre du Collectif du 5 novembre créé après le drame de la rue d’Aubagne a quant à lui accusé les mairies de secteur de ne pas mettre à disposition des bailleurs sociaux suffisament d’appartements pour y reloger les familles expulsées. 1.400 personnes sont encore logées dans des hôtels depuis l’évacuation de leurs immeubles, selon Mme Ben Mohamed.


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