Forte hausse des coûts de financement pour les banques françaises, le retrait de leurs liquidités auprès de la BCE en avril 2022 au plus fort depuis 2016

Emmanuel Rodriguez, Directeur Général et Country Manager France chez Raisin, nous livre ses réflexions sur la situation financière actuelle, avec ce changement de politique monétaire des banques centrales, et notamment celle de la BCE. Les banques françaises devront faire face au retour au monde d’avant et cela va changer le paradigme actuel.

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"Quand la mer se retire, on voit ceux qui se baignent nus” disait Warren Buffet. Le rapport annuel de l’Association Bancaire Européenne, publié en Septembre 2021, apportait des éléments de réponses intéressants qui semblaient indiquer que la mer (cet excès de liquidité) pourrait être sur le point de se retirer… On peut se demander si les chiffres publiés par la BCE la semaine dernière ne confirment pas la tendance. J’en profite pour rappeler certains éléments qui peuvent accentuer les tensions actuelles sur les marchés de capitaux, et notamment pour les banques françaises.
Variation des excès de liquidité auprès de la BCE

La BCE vient de publier des statistiques d’avril 2022 sur les encours de liquidité placée par les banques européennes auprès de cette dernière. Il est intéressant de noter que l’encours a diminué pour certains pays européens dont La France, l’Espagne et l’Italie. Près de 50 milliards d’euros ont été retirés par les banques françaises. Jamais, en France, la variation d’encours n’a été aussi importante depuis 2016.

(c) BCE

Une forte dépendance du secteur public et de la BCE

La dépendance des banques à l’égard des sources de financement du secteur public (telles que le programme TLTRO de la BCE) a considérablement augmenté en 2020 en raison de la pandémie. Le financement total du secteur public dans l’UE s’est élevé à environ 1 300 milliards d’euros, soit 7% du financement total des banques.

Cependant certains éléments peuvent amener de nouvelles tensions sur les marchés de capitaux :
Afin de compenser la baisse attendue du financement de la banque centrale, les banques prévoient de se concentrer sur l’émission d’un plus grand nombre de titres de créance (principalement des instruments non garantis), Les données prévisionnelles révèlent une croissance significative prévue du volume d’émission net dans plusieurs pays. Les banques françaises, hollandaises, italiennes et espagnoles déclarent le volume d’émission net le plus élevé. Il va falloir non seulement convaincre les investisseurs actuels de racheter la nouvelle dette, mais il va falloir trouver des acheteurs additionnels pour compenser et/ou placer le montant de dette additionnelle. Le montant de LTRO arrivant à maturité début 2023 représente plus de 30 fois la moyenne des émissions trimestrielles des banques de la zone euro. Cela étant même que les marchés auraient cette capacité d’absorption des émissions de dette, l’augmentation prévue ne serait pas suffisante pour remplacer entièrement l’important volume de TLTRO arrivant à échéance en 2023.

On peut d’ailleurs se demander si cela ne se répercute pas déjà sur la valorisation du risque de contrepartie, avec une augmentation des spreads de crédit, entraînant avec elle une hausse du taux de refinancement des banques sur les marchés de capitaux. N’est-ce pas ce que nous vivons depuis décembre 2021.

La tendance est lancée et confortée, suite aux annonces de Mme Lagarde ce lundi 23 Mai 2022 : “I expect net purchases under the APP to end very early in the third quarter,”... “This would allow us a rate lift-off at our meeting in July, in line with our forward guidance. Based on the current outlook, we are likely to be in a position to exit negative interest rates by the end of the third quarter.”

Dans ce contexte, qu’en est-il des banques françaises ? Peuvent-elles continuer à bénéficier de l’effet Livret

A ?
Variation des encours du livret A et LDDS

Le 23 mai, la Caisse des Dépôts et Consignations a publié la collecte mensuelle pour avril 2022 sur le [a[Livret A]a] et le livret de développement durable et solidaire (LDDS). Bien que positive avec une collecte nette de 2,3 milliards d’euros, il est intéressant de relever que cette dernière ralentit par rapport à 2021 : €16,25 milliards entre Janvier et Avril 2022 versus €18,42 milliards pour la même période en 2021. Certes, il y a eu l’effet covid et la sur-épargne des ménages. Les chiffres peuvent être trompeurs, mais on peut se demander si la révision à la hausse du taux de rendement en Février 2022 n’aurait pas eu (ou dû avoir) un effet compensateur du retour à la normale. Y-aurait-il un lien de cause à effet avec la réduction des encours de liquidités placés par les banques françaises auprès de la BCE ?
Que faire ?

Quoi qu’il en soit, il vaut mieux être préparé pour faire face à toute éventualité. Il existe des solutions structurantes telles que celles proposées par la plateforme Raisin. A travers un investissement opportuniste, en dédiant des ressources internes déjà existantes, les banques partenaires s’équipent d’un instrument additionnel unique qui vient :
compléter l’éventail d’outils de gestion du risque de liquidité, diversifier leurs sources de financement, réduire leur coût de financement.

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